LÀ OÙ TOUT COMMENCE

Exposition collective

19 septembre – 17 octobre 2026

Quatre artistes ont été invités à exposer leur travail et nous invitent à observer les forces visibles ou invisibles qui façonnent la Terre. Révéler le mouvement de l’eau et de la matière. De l’obscurité à la lumière, suivons les vibrations  sur le paysage.

Les œuvres de Silène Audibert, Béatrice Bernard, Anaïs Dunn et Nicolas Tourte  explorent ici notre rapport à l’eau, fluide vital et force invisible qui transforme la matière et dessine nos paysages.

L’exposition est soutenue par la DRAC Hauts-de-France, Le ministère de l’Education Nationale, de la jeunesse et des sports, ainsi que la municipalité de Noyelles-sur-Escaut.

Le bruit du vent dans les arbres accompagne mes pas. Les feuilles sont agitées. Je marche. Rien ne m’arrête : ni mon physique, ni mes pensées. Ma foulée est cadencée. L’obscurité approche lentement comme un voile prêt à me recouvrir. Je me laisse maintenant guider dans mon avancée par le son et mes mains qui parcourent la paroi rocheuse. Le silence règne. Tout paraît immobile et pétrifié.

Les murs sont rugueux. Je sens le froid sur le bout des doigts. De quelques fissures s’exfiltre l’eau. À la palpation des environs, je devine un ru. Mes pieds mouillés deviennent mes yeux et me guident dans la grotte. Les fréquences basses laissent place aux aigus vibrants dans un écho.
L’espace s’agrandit. Les ondes se diffusent et laissent entendre au loin le bruissement . Rien. Rien ne montre ici une présence humaine passée ou présente. Pas de traces d’activité, d’outils ou de mains qui auraient pu
façonner la roche. Ici c’est la nature qui a usé, poli, découpé.

Une légère lueur m’invite à continuer ma route après les nombreux goulets. Je lutte désormais de plus en plus fort pour ne pas me laisser emporter par la puissance des flots. Le courant m’agrippe. Il semble en rage… Je lâche.

Mon corps se tord, se cogne, s’étire. Entre deux respirations, j’entends par intermittence des grondements. Puis l’éclat de la lumière. Voilà le calme… Je flotte à la surface. Le déplacement se fait avec lenteur. J’aurais pu sortir de là et rejoindre la berge, mais le chemin n’est pas terminé. Est-ce que je suis groggy par ces épreuves endurées, ou est-ce que j’apprécie le répit qui m’est accordé ?

La couleur traverse de nouveau mon cristallin et dessine l’environnement ambiant. Je retrouve mes sens. La vie autour de moi s’amasse et rayonne. Chaque cellule contribue, se mutualise, s’imbrique, se combine et crée un équilibre parfait. Symbiose.

Je rejoins le rivage. Je sens la chaleur emmener les gouttelettes présentes sur ma peau. Je pose mon regard par delà l’horizon.

Rémi Fouquet